Chacun sait que les prévisions sont difficiles à établir, surtout quand elles concernent le futur, comme le disait avant moi, le regretté Pierre Dac. Jean Peyrelevade, conseiller économique et bras droit de François Bayrou vient d’en apporter une nouvelle preuve.
Dans le numéro d’octobre (il vient tout juste de paraître) de Capital, respectable mensuel économique, je lis ce propos sidérant de l’homme qui aurait, selon la rumeur médiatiquement, pu être le premier ministre du député béarnais si celui-ci avait d’aventure réussi dans ses entreprises électorales : « Je ne crois pas que la faillite de Lehman Brothers annonce un tsunami financier mondial. ».
On connait la suite : affolement des créanciers de cette banque américaine, perte de confiance, effondrement de toutes les bourses mondiales, faillites avérées d’une dizaine de grandes banques, rachetées à la sauvette pour éviter de nouveaux dépôts de bilan. En quinze jours, le monde entier au bord du gouffre économique. Et, pour finir, du moins on peut l’espérer, rachat des créances toxiques par le gouvernement américain pour 700 milliards de dollars, et garanties des différents pays européens pour 1700 milliards d’euros. Peyrelevade lui n’a rien vu venir.
Si cela ne s’appelle pas un tsunami financier, comment cela s’appelle-t-il donc ?
Jean Peyrelevade dénonce dans un livre « l’erreur historique » de Nicolas Sarkozy, lequel vient cependant d’administrer une leçon de sang-froid et de maîtrise des réalités qui ont permis l’adoption en un temps record d’un plan coordonné de gestion de la crise financière dans les 27 pays européens. Donneur de leçons, il devrait apprendre à tourner sa plume deux fois dans son encre et à être un peu plus modeste, car « l’erreur historique », c’est la sienne propre, doublée d’une incroyable myopie.
Déposer un commentaire














