13. mars 2015 · Commentaires fermés sur Il ne faut pas céder à la tentation du vote FN · Catégories: Actu

Elections Départementales

Je tiens, en homme de droite, à vous parler aujourd’hui du FN en tenant un langage clair : aussi fortes soient les intentions de vote que rassemble ce parti, je ne pense pas un seul instant qu’il puisse – sur la base de ses idées affichées et de ses propositions – aider notre pays à surmonter ses vraies faiblesses.

Le FN prône le refus de l’Europe et la fin de l’euro. Ce refus annoncerait pour notre pays la dévaluation et l’inflation car rien n’arrêterait alors la course des démagogues : faute de prendre les mesures courageuses de soutien à l’efficacité du travail, de limitation des dépenses publiques, de frein à la dépense sociale, le FN, dont le programme économique est au fond assez proche de celui de Mélenchon, la Marseillaise en plus, nous préparerait une catastrophe. Nous verrions les salariés, les retraités, les épargnants proprement appauvris par l’inflation. La France et les Français devraient brader leurs actifs pour payer les déficits les plus urgents. Et comme les industries disparues (textile, confections, meubles pour la Meuse par exemple) ne se reconstitueraient pas faute de capitaux ayant confiance et d’ouvriers qualifiés et motivés, le chômage ne diminuerait pas non plus.  Le bâtiment souffrirait lui aussi de l’absence de confiance.

Depuis longtemps beaucoup d’entre vous trouvez le social trop cher, trop lourd, favorisant trop l’irresponsabilité. C’est sans doute en partie vrai et c’est un discours fréquent dans l’électorat. La réponse pour un véritable homme de droite n’est pas de prétendre jeter le bébé avec l’eau du bain, mais tout simplement de rendre le pouvoir à ceux qui payent les dépenses :

– d’abord aux collectivités locales qui ne doivent pas subir les directives nationales sans pouvoir les adapter aux réalités du terrain, sur place. Nous connaissons les vraies difficultés, qu’on nous laisse donc la responsabilité de décider d’aider ceux qui en ont vraiment besoin.

– ensuite aux salariés et aux entrepreneurs qui doivent obtenir le droit de ne dépenser que ce qu’ils peuvent payer en terme de cotisations raisonnables, et non assumer les factures que le Gouvernement leur envoie pour faire plaisir à telle ou telle catégorie.

    Il faut enfin introduire dans la Constitution la « Règle d’Or » du plafond de la dépense publique de demain. Ceux qui payent les impôts et les cotisations sont moins nombreux que ceux qui touchent les avantages. En démocratie, les petits effectifs d’électeurs ont peur d’avoir toujours tort. Mais ceux qui payent des impôts investissent, embauchent, innovent, épargnent et doivent être respectés quelque soit leur nombre. Electoralement, ils sont minoritaires, pour autant, ils ne doivent pas être rackettés. Seule la « Règle d’Or » du plafond de la dépense publique inscrite dans la Constitution nous protègera contre les abus qui, depuis 40 ans, épuisent ceux qui travaillent dur sans pouvoir garder ou transmettre le fruit de leurs efforts.

Il y a enfin notre France que nous aimons et que nous voyons changer tous les jours sans que personne ne le veuille vraiment, mais en le subissant tous plus ou moins.

La France, qui est une grande histoire, doit être aussi pour les Français un grand projet. Dans le monde d’aujourd’hui, où tout se compare, prix et qualité, et tout s’échange, produits, capitaux, idées, il faut être les meilleurs dans les domaines où nous sommes déjà bons. Par exemple : agriculture, aviation, spatial, énergie, pharmacie, luxe, alimentation, assurance et distribution… et j’en oublie.

Il faut que chacun travaille dur pour se former et puisse accéder à un emploi. Le travail n’est pas un dû, c’est un devoir. Celui qui ne se prépare pas au travail depuis l’école, se prépare à vivre aux crochets des autres. Se former c’est savoir lire, vraiment lire, écrire, vraiment écrire et compter naturellement.  C’est simple mais on l’oublie.

De plus, pour nous, la famille est responsable de la réussite des enfants et la famille doit être défendue. Par exemple, pour moi, il n’y a pas, à proprement parler, de famille monoparentale, il y a, le plus souvent hélas, des hommes qui désertent leur devoir et la société doit les rappeler à l’ordre. Le sens de la responsabilité s’apprend et se défend sur le terrain, dans la vie quotidienne depuis la simple politesse jusqu’à la vraie générosité en passant par le respect des convenances et de la Loi.

La société ce n’est pas une grande administration, c’est un tissu riche de familles, d’associations, de collectivités locales, d’entreprises petites et grandes. Ce sont à elles qu’il faut confier à la fois le contrôle social et la solidarité et renoncer aux systèmes centralisés qui ne contrôlent rien.

L’autorité, le sens du devoir, le respect de l’ordre public passent par chacun d’entre nous. Il ne sert à rien d’espérer le déléguer à un « sauveur suprême » qui de Paris, dressé devant la statue de Jeanne d’Arc de la place des Pyramides, remplacerait l’effort de chacun d’entre nous.

Le succès de la France, ce serait un État qui cesserait de censurer les grands projets par l’impôt ou par la censure du politiquement correct ; le succès de la France ce seraient des Français mobilisés pour qu’ils en soient tous acteurs. Acteurs par leurs engagements : S’engager à être un bon parent, un bon travailleur, un bon employeur, un bon investisseur, un bon professionnel en général. Bref, s’efforcer d’être un bon citoyen français. Il faut que le succès soit récompensé. L’échec ne doit jamais être une condamnation définitive, mais il ne doit pas non plus être un statut qui permet indéfiniment d’envoyer la facture aux autres.

Il y a aussi la sécurité. Pour moi, elle procède d’une justice qui a le souci de la victime avant de multiplier les excuses des délinquants. Elle procède aussi d’une société où le respect de la règle est le souci de tous et le rappel à l’ordre, le devoir de chacun ; parents, enseignants, élus.

On ne peut pas épouser les extrêmes et avoir le sens du respect, respect des autres, respect de soi, respect de tout ce qui fonde les valeurs communément acceptées dans notre Pays.

Une France forte c’est une France décentralisée où chacun reçoit la contre partie de son effort. Une France où la certitude de pouvoir éviter l’effort personnel disparaît. Je vous connais et je connais la Meuse. Ce sont là, le plus souvent, nos valeurs, nos règles de vie communes. Et nous sommes tristes de les voir si souvent abandonnées en France.

Mais au moins faisons vivre ces valeurs en Meuse là où s’exerce notre pouvoir individuel et collectif de proximité.

Demain, nous aurons une nouvelle Assemblée Départementale. Je souhaite qu’elle soit forte, courageuse et modérée. Nous connaissons les conditions du succès. Au lieu d’en vouloir au monde entier, mettons en œuvre, avec le petit pouvoir que nous laisse la décentralisation d’aujourd’hui, une exemplarité Meusienne pour que nos jeunes espèrent beaucoup plus que la médiocrité qui les menace si nous renonçons à l’effort.

Refusons clairement la théorie des boucs émissaires fondée sur le mépris de ceux qui n’ont pas tout à fait notre histoire. Nous devons les convaincre, eux aussi, de marcher dans les pas de nos ancêtres même si ce ne sont pas les leurs. Après tout, ils ont choisi librement notre terre. Qu’ils en acceptent tout aussi librement les devoirs, notre l’histoire et un héritage qui devient aussi le leur.

Que tous ceux qui sont en France aient tous la fierté d’un projet d’avenir commun et la gratitude pour un héritage de qualité. Les uns en ont hérité, les autres l’ont choisi, tous peuvent l’enrichir dès lors qu’ils le connaissent et qu’ils le respectent.

Notre seul ennemi serait de renoncer à notre destin collectif de Français. Personne n’est exclu, tous peuvent être associés. Une association qui se mérite.

Je tenais à vous l’écrire simplement et en quelques lignes pour qu’il n’y ait pas de mal entendu entre nous.

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