18 avril, 2024

Question d’Actualité au Gouvernement par Gérard LONGUET et hommage avant la fin de son mandat.

Dernière Question d’Actualité au Gouvernement par Gérard LONGUET avant la fin de son mandat de Sénateur.
Cette question est suivie de l’hommage rendu, à Gérard LONGUET, par Gabriel ATTAL, Ministre délégué chargé des Comptes publics.
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« François Léotard, un parcours libéral abouti » : la tribune de Gérard Longuet et Alain Madelin

« Il n’a pas été Président, mais sa marque imprègne ce que notre société a accepté de libertés en plus », rappellent les deux anciens ministres, qui furent ses compagnons de route alors qu’un hommage sera rendu à François Léotard ce vendredi 9 juin en l’église des Invalides.

François Léotard, Gérard Longuet et Alain Madelin. – Sipa Press

La « bande à Léo », pour reprendre l’expression médiatique des années 1980, est en vérité un pur produit du septennat tel qu’il existait jusqu’en 2002. La Constitution de 1958 n’excluait pas la cohabitation. Pour les députés indépendants les plus « autonomes de tempérament », cette perspective devenait leur rendez-vous, l’occasion de faire leurs preuves. Pour l’éviter, lorsqu’ils étaient dans la majorité présidentielle, ou pour l’utiliser à leur profit dans le cas inverse. C’est exactement ainsi que fonctionnera, pendant près de vingt ans, l’équipe libérale. Sans cynisme ni déloyauté, mais avec méthode pour mettre en œuvre leurs convictions à chaque occasion.

En 1978, Valéry Giscard d’Estaing est président de la République. Les libéraux du Parti Républicain le soutiennent. Entre une gauche requinquée par sa victoire aux municipales de 1977 et des gaullistes souvent turbulents, il faut que l’UDF tienne le choc et élargisse son assise. Les giscardiens historiques Michel « Ponia » et Michel d’Ornano créent en 1977 une « école des candidats » dans la perspective des législatives de l’année suivante. François Léotard en prend la tête, nous en assurons le contenu et l’organisation. Une trentaine de nouveaux députés en seront issus. Ils sont libéraux, timidement d’abord sous la férule de Raymond Barre ; avec détermination au lendemain de la défaite de 1981, parce que tout est à reconstruire et qu’un renouveau s’impose.

A cette époque, aucun de nous n’est prêt pour l’aventure de la présidentielle de 1988, bien lointaine, et par ailleurs déjà préemptée par Raymond Barre, Jacques Chirac ou Valéry Giscard d’Estaing lui-même. En revanche, 1986 est tout proche de 1982, après que nous ayons pris la direction du parti. Tout de suite, avec le succès de 1984 aux européennes de la liste conduite Simone Veil — que nous avons activement soutenue — se pose la question de la cohabitation. Nous en acceptons, à l’époque, le principe parce qu’elle est au cœur de nos institutions, même si la plupart des caciques de la droite la condamnaient.

« Rendre aux entreprises nationalisées leur liberté, dans le secteur de l’audiovisuel, ouvrir une brèche avec TF1, déréguler les télécoms… François Léotard est artisans de tous ces combats »

Voie nouvelle. Nous le savons, ce futur gouvernement est limité dans le temps, au plus deux ans, et peut-être moins. Malgré François Mitterrand, la cohabitation devient une opportunité pour mettre en œuvre une France plus libérale. Aux « présidentiables » de jouer leur jeu. Nous jouons le nôtre, parlementaires libéraux : gouverner utilement avec l’appui du Parlement autour du Premier ministre qui exerce la plénitude de ses droits constitutionnels. Mais en visant l’utilité immédiate des mesures.

En deux ans, de 1986 à 1988, le soutien parlementaire, l’ouverture de Jacques Chirac au sein du gouvernement, la présence en son sein d’Edouard Balladur permettent d’orienter la France dans une voie nouvelle : rendre aux entreprises nationalisées leur liberté, dans le secteur de l’audiovisuel, ouvrir une brèche avec TF1, déréguler les télécoms… François Léotard est artisans de tous ces combats. Hormis l’ISF, remplaçant l’IGF que nous avions supprimé, ni Michel Rocard, ni Edith Cresson, ni Pierre Bérégovoy — au contraire même pour ce dernier — ne revinrent sur nos réformes. Et d’ailleurs, si en 1988 François Mitterrand fut largement reconduit, aux législatives qui suivirent, la droite et le centre faillirent l’emporter. Les candidats libéraux furent quasiment tous réélus et de fait, nous privâmes les socialistes de la majorité absolue pendant cinq ans.

Cette première cohabitation nous conduisit à préparer la seconde car, une nouvelle fois, le septennat nous offrait, en dépit du Président en place, le pouvoir de gouverner en 1993. Tout le monde à droite s’y prépara pendant cinq années. Valéry Giscard d’Estaing le fit, en renouant avec la popularité, à la tête d’une liste européenne heureuse en juin 1989. Au printemps de cette même année, des « rénovateurs » suscitèrent un frisson passager, bien précaire car mal établi en termes de projet.

« François Léotard et les libéraux dont il fut l’animateur, surent, dès 1978 et pendant près de vingt ans, exprimer leurs convictions et orienter les décisions en saisissant toutes les opportunités »

Audience. Au contraire, les libéraux approfondissent, eux, leurs fondations et élargissent leur audience. François Léotard creuse les solutions souhaitables avec « France Entreprise », précurseur de l’engagement de la société civile. Edouard Balladur publie régulièrement des livres, des articles. Ses thèses sont plus européennes que souverainistes, plus libérales que dirigistes. Avec Nicolas Sarkozy, nous prenons en charge les « Etats généraux » de l’opposition. Au Parti Républicain, nous préparons les candidats aux législatives de 1993. Première épreuve de vérité : le référendum sur la monnaie unique de septembre 1992, courtement gagné grâce à l’engagement majoritaire et décisif de la droite libérale. Second rendez-vous du suffrage universel en mars 1993 : succès pour la droite, succès des libéraux. Gouverner devenait possible avec une majorité pluraliste dont le centre du gouvernement était libéral. Edouard Balladur fait de François Léotard un ministre d’Etat. Cette harmonie fut hélas oubliée et la dissolution incomprise du printemps 1997 livra le pays à des socialistes hors du temps.

Le quinquennat, voté pour des raisons contradictoires en 2000, aboutit, on le sait aujourd’hui, à supprimer cette régulation par le rendez-vous législatif décalé du rendez-vous présidentiel. Seule désormais la présidentielle compte. Pourtant, tous les Présidents sont issus de coalitions hétéroclites, mais ils refusent tous de le reconnaître et croient pouvoir s’abriter derrière un parti unique, au détriment de la pluralité de leurs soutiens. François Léotard et les libéraux dont il fut l’animateur, surent, dès 1978 et pendant près de vingt ans, exprimer leurs convictions et orienter les décisions en saisissant toutes les opportunités. François Léotard n’a pas été Président, mais sa marque imprègne ce que notre société a accepté de libertés en plus. Il le fit en s’adossant au Parlement qui est le lieu naturel de la liberté et donc le terrain d’exercice des libéraux.

Ex-ministre de la Défense, Gérard Longuet est sénateur LR de la Meuse. Alain Madelin est ancien ministre de l’Economie et des Finances. Un hommage sera rendu ce vendredi 9 juin en l’église des Invalides à François Léotard, disparu le 25 avril dernier.

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Ma réaction à la suite du dépôt, par le Groupe LIOT, d’un texte visant à supprimer la réforme des retraites

Concernant le débat du 8 juin prochain, consacré à la PPL du Groupe LIOT qui se propose de revenir à 62 ans pour l’âge de plein exercice de la retraite, je désapprouve la forme et le fond.

La forme tout d’abord : qui peut croire qu’avec quelques heures de débat, on puisse régler sérieusement un tel problème, surtout en faisant appel de nouveau à une dépense publique que tous jugent déjà excessive ? C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Constitution de 1958, approuvée à plus de 85% des Français et jamais démentie depuis, comporte le principe de l’Article 40 selon lequel les Députés ne peuvent voter une dépense que s’ils sont certains d’en assurer le financement. Sinon, tout serait facile, « demain on raserait gratis, tout le temps et pour tout le monde ». Les vociférations de NUPES n’y peuvent rien. Il n’est pas digne de s’y associer.

Sur le fond, on ne peut pas s’arrêter de travailler plus tôt que les autres pays européens, accumuler les déficits et, sans fin, emprunter la différence. C’est pourtant le cas de la France. Certes, tous les Gouvernements depuis 1981 ont leur part de responsabilité. Depuis 2017, l’inspecteur des Finances, Emmanuel MACRON, autant que les autres, des « Gilets jaunes » qu’il fallait apaiser au « quoi qu’il en coûte » à plus de 100 milliards d’Euros, en passant par les sympathiques baisses d’impôts qui ne correspondent cependant à aucune baisse des dépenses, tout se paye en endettant les contribuables.

Aujourd’hui, l’éclairage porte sur les retraites par répartition, un système où les actifs payent pour les retraités. En d’autres termes, un système où les « jeunes » payent pour les « vieux ». Ce système, au plan national, verse 345 milliards d’Euros aux retraités dont la situation s’est bien améliorée pour beaucoup d’entre eux depuis 40 ans. Hélas, chaque année, il y a moins de jeunes et plus de vieux, premier problème.

Second problème, ce système ne repose que sur 250 milliards d’Euros de cotisations. La différence ce sont les impôts d’État qui les payent. D’abord en aidant les régimes en déficit lourd : l’agriculture, par exemple, car il y a plus de retraités que d’actifs dans ce système particulier. Les régimes dits « sp